La Volonté du Dragon – Lionel Davoust
Lionel Davoust est un auteur breton (d’adoption, donc français) dans le domaine de l’imaginaire. Plus précisément fantasie et sf pour ce que j’en ai lu jusqu’à présent. Il tiens un blog sur son site ou vous pourrez retrouver pas mal de choses intéressantes, dont trois nouvelles de lui, un podcast et le premier chapitre de la Volonté du Dragon, ce qui devrait vous permettre de vous faire votre propre idée à son sujet.
Mon premier contact avec Lionel Davoust s’est fait via ses co-traductions avec Patrick Couton des deux tomes de La science du Disque-monde de Terry Pratchett. J’ai eu l’occasion de le rencontrer lors de la convention Octogone à Lyon, puis avec les amis du vade-mecum lors des Utopiales 2010 à Nantes pour une interview et bien plus récemment dans le cadre d’un conférence sur la fantasie à Limoges. C’est lors des Utopiales que j’ai acquis et fait dédicacer la Volonté du Dragon qui a rapidement rejoint ma pile à lecture. Jusqu’il y a peu, d’où cet article.
Lionel Davoust est en tout cas un auteur chaleureux et accessible, mais aussi plein de talent (et modeste, ce qui ne gâche rien). Il fait partie de cette vague de nouveaux auteurs français à suivre dans le domaine fantasie-sf avec Alain Damasio et Jean-Philippe Jaworski, pour ne parler que de ceux que j’ai lus.
Le livre
L’histoire se passe sur un front de guerre, principalement à bord du bateau amiral le Volonté du Dragon. On y suit la bataille par les yeux de trois personnages, tous du côté des envahisseurs. Des envahisseurs qui viennent d’ailleurs avec la conviction d’apporter paix et connaissance à un peuple de sauvages qui n’a aucune chance d’emporter la bataille décisive.
L’un des trois personnages que l’on suit tout au long du roman est le général qui conduit la bataille, enfermé dans une sorte de jeux avec le dirigeant adverse. Les deux autres sont un canonnier d’une peuplade autrefois barbare conquise par l’empire, et un jeune technicien artech.
L’artech est la magie de ce monde, à mi-chemin entre magie et technologie et qui demande de la préparation pour la mettre en oeuvre. Parfois, cette magie est un peut trop technologique (les écouteurs intra-auriculaires), mais c’est de façon générale une chose que j’apprécie puisque ça évite les deux ex machina (ou magica en l’occurrence).
L’histoire est très bien menée, on suit alternativement d’abord avec perplexité puis tout naturellement le général et nos deux matelots. La volonté du Dragon est au final très plaisant à lire et je le recommande à tous ceux et celles un tant soit peu intéressés par un roman de fantasie original ou par la stratégie.
Ce roman a, par certains côté, quelque chose de Glen Cook, avec son entrée brute dans l’univers (bien que moins abrupte que chez Cook), ça magie technique, sa propension à parler de stratégie et de magouilles tout en nous narrant l’histoire par les yeux de simples protagonistes. La comparaison s’arrête là puisque ce roman-ci n’est pas à la première personne et qu’il est, du haut de ses 168 pages, bien moins long qu’un cycle de Cook. N’empêche…
Un seul véritable regret : on arrive trop vite à la fin. On aimerai que l’histoire continue… sur terre, donc !

